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CHARLES BAUDELAIRE  LES FLEURS DU MAL    

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Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées, Exhale Ie vertige, et les danseurs prudents Ne contempleront pas sans d'amères nausées Le sourire éternel de tes trente-deux dents. Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette, Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ? qu'importe Ie parfum, l'habit ou la toilette ? Qui fait Ie dégoûté montre qu'il se croit beau. Bayadère sans nez, irrésistible gouge, Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués : " Fiers mignons, malgré l'art des poudres et du rouge Vous sentez tous la mort ! ô squelettes musqués, Antinoüs flétris, dandys à face glabre, Cadavres vernissés, lovelaces chenus, Le branle universel de Ia danse macabre Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus ! Des quais froids de Ia Seine aux bords brûlants du Gange, Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir Dans un trou du plafond Ia trompette de l'Ange Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir. En tout climat, sous tout soleil, Ia Mort t'admire En tes contorsions, risible Humanité, Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe, Mêle son ironie à ton insanité ! " o L'amour du Mensonge Quand je te vois passer, à ma chère indolente, Au chant des instruments qui se brise au plafond Suspendant ton allure harmonieuse et lente, Et promenant l'ennui de ton regard profond ; ...  

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